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27/10/2016

Septième escale le Maroc

Chanson du thé

Le plateau, lui c'est le soleil

Les étoiles de la Grande Ours

Ce sont les verres

Et la théière est le Pôle au milieux du Ciel (....)

Le pain de sucre, en robe bleue, qu'on attache

sur les chameaux*(Brahim u-Lusayn u-Addi (xixè siècle)

Pas de plaisir s'il fait défaut. Le sucre neigeux qu'il est beau.

Le thé de Londres à la beauté et la bonté.

Le trépied, c'est le minaret de la mosquée ;

La bouilloire, c'est le moudden (muezzin), c est evident

* A l'époque le sucre était commercialisé sous forme de pain de sucre conique blanc emballé dans du papier bleu. On utilisait un petit marteau ciselé pour le débiter en morceaux grossiers. Actuellement, on utilise des gros morceaux de sucre dits lingots (le tripe de nos morceaux habituels) mais jamais de sucre en poudre.

Le Maroc, d'un rituel royal à un rituel populaireIMGP8564.JPG

Au Maroc et dans les pays subsahariens, même si paradoxalement le thé fait partie de l'imaginaire collectif avec ne idée de tradition immémoriale, son usage est relativement récent. Il date du XVIIIè siècle et se popularise à la fin XIXè via la couronne britannique. Il conquit rapidement les Marocains qui buvaient déjà de nombreuses plantes  en infusions. L'ajout du thé avec ses vertus était donc bienvenu.

Au XVIIè siècle le sultant Moulay Ismaël (1672-1727) connut cette boisson car le thé faisait partie des cadeaux que les différentes délégations britanniques ou hollandaises lui apportaient, et il l'apprécia immédiatement, en particulier pour ses vertus digestives.Il fut ritualisé dès son arrivée au Maroc. L'homme du thé, ou moul atai, en gérait la préparation. Deux plateaux étaient apportés, l'un contenant des verres de cristal et deux théières, l'autre comprenant les boîtes pour le thé, la menthe et d'autres plantes, un pain de sucreIMGP8566.JPG et un marteau pour le casser, ainsi qu'une fiole de fleur d'oranger. L'eau était maintenue au chaud dans une bouilloire sur un brasero. Une servante était alors chargée de préparer le thé, assise en tailleur. Les deux théières pareillement dosées étaient servies simultanément pour remplir les verres de manière à homogénéiser et rééquilibrer les préparations. On versait le thé en levant les théières très haut de façon à l'aérer et le faire mousser. Des plats contenant gâteaux ou fruits secs accompagnant le thé.

Jusqu'à la fin du XIXè siècle, le cérémonial du thé à la menthe resta l'apanage de la bourgeoisie citadine. C'était le maître de maison qui officiait, préparant toujours le thé devant les convives,  suivant le même rituel que celui d sultan. Le service du thé respectait un ordre de préséance suivant l'âge et le rang social, et les invités buvaient en aspirant bruyamment pour signifier que le thé était délicieux. Une fois le premier verre bu., le maître de maison préparait le deuxième puis le troisième. L'invité devait tous les boire sous peine de commettre une grave impolitesse.IMGP8570.JPG

A la fin du XIXè siècle, le thé passe d'une boisson d'élite à une boisson populaire. L'Angleterre, détenant alors le monopole du négoce de thé pour l'Europe et les Etats Unis en quête de nouveaux débouchés suite  à la guerre de Crimée, inonde le marché marocain avec du thé vert chinois. Sa diffusion à travers toutes les couches sociales de la population marocaine s'est effectuée lentement depuis des milieux aisés citadins jusqu'aux populations rurales. 

Suivant les saisons et les régions d'autres plantes aromatiques sont incorporées au thé. En hiver, on ajoute souvent de l'absinthe, en automne et au printemps de la verveine et de la sauge et du basilic en été. Dans le Moyen Atlas, on consomme le thé avec du romarin et du thym sauvage. Il est aussi courant de l'aromatiser de quelques gouttes d'eau de fleur d'oranger ou de frotter le sucre avec de l'écorce de cédrat. Lorsqu'on a les moyens, on peut même ajouter de l'ambre gris ou noir, récolté sur les côtes au sud du pays que l'on coince dans le couvercle de la théière.

Au Maroc le maître mot est hospitalité, le thé symbolisant cette valeur centrale dans la culture marocaine.

Aussi dès qu'on arrive chez quelqu'un ou chez un commerçant un thé est aussitôt offert en signe de bienvenue. 

C'est donc un thé à partager entre amis plus ou moins nombreux (2 à 10 personnes)IMGP8565.JPG

Préparez le de préférence sur une table basse et proposez le après un bon repas comme un digestif, vos invités étant confortablement installés dan de fauteuils ou canapé. Mais il peut aussi  être dégusté à l'heure du thé. C'est une boisson de tous les instants, propice aux discussions et aux affaires aussi !

Les accompagnements

Les nombreuses pâtisseries marocaines dont les cornes de gazelle, les sablés aux amandes et à la cannelle, les makrout (gâteau de semoule farcis aux dattes) ou les crêpes au miel et aux graines de sésame, ainsi que tous les fruits secs.

 

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Cinquième escale le Royaune-Uni

There are few hours in life

more agreeable

than the hour dédicated

to the ceremony

know as afternoon tea

Henry James (1843-1916)

 

Du négoce à la production de thé

Les premières caisses de thé en provenance de Chine furent apportées par des navires hollandais et débarquèrent dans le port de Londres en 1645.

Dès le XVIIè siècle, les anglais concentrent le négoce du thé pour l'Europe et les colonies américaines et, grâce à la création  par la reine Elisabeth 1er de l'East India Company, ils vont détenir le quasi monopole de ce commerce pendant plus de deux siècles. Dans les années 1850 ils percent le mystère de la fabrication du thé en envoyant le botaniste Robert Fortune espionner les plantations chinoises : ils se mettent à en produire dans leurs colonies indienne, ceylanaise et Kenyane....

C'est ainsi que naquirent les célèbres appellations indiennes Darjeeling, Assam et Nilgiri à partir des années 1850 pour les plus anciennes.

Au Kenya, les Anglais introduisirent les plantations de thé au début du XXè siècle. Les grandes firmes anglaises y sont restées solidement implantées puisqu'elles contrôle toujours plus de 4000 hectares à l'est du lac Victoria. 

La théiculture se développa dans d'autres anciennes colonies telles que le Malawi, l'Ouganda, la Tanzanie et le Zimbabwe.

A cette époque et pendant plus de cent ans, seul du thé oxydé est produit.

La consommation de thé chinois passe alors au second plan en Europe.

Cantonnée aux cours jusqu'au XVIIè siècle, cette boisson conquiert en moins de cent ans toutes les strates de la population.

On doit la démocratisation de sa consommation en Angleterre notamment à Sir Thomas Lipton.

Dans les années 1870, Ceylan alors réputée pour sa production caféière, voit ses caféiers détruis par un parasite, Hemileia vastatrix. A tel point qu'en 1890, il n'y a plus aucun caféier sur  l'île. Certains planteurs prévoyants les avaient remplacés par des théiers. L'ile fut totalement conquise par ce nouveau venu qui s'adaptait parfaitement aux conditions climatiques des hauts plateaux sri-lankais. C'est alors que Sir Thomas Lipton, épicier d'origine irlandaise, millionnaire depuis déjà quelques années, rachète à bas prix d'anciennes plantations de café et se lance dans la production de thé dans les Uva Lands. Il applique une politique commerciale à l'américaine pour lancer celle nouvelle boisson. En devenant producteur direct, il contribue à populariser cette boisson. En devenant producteur direct, il contribue à populariser cette boisson exotique jusque là inaccessible pour la classe moyenne. Son label devient célèbre :"Direct from the tea garden to the tea pot"(direct du jardin de thé à la théière) Il réussit ainsi à faire du thé sri lankais "l'or vert" de l'île et à lui donner une notoriété mondiale.downton-abbey-lady-violet-crawley-having-tea-dr.jpg

Les Anglais développent dès la fin du XVIIè siècle un véritable rituel autour du thé, l'afternoon tea, qui se substitue au repas du soir. Ce sont les premiers, en, Occident, à avoir eu l'idée d'associer des crus de thé en mangeant.

Leur goût va pour les thés oxydés qu'ils ont appelés noirs (nommés rouges par les Chinois) et pour les wu long fortement semi-oxydés auxquels ils ont donné les noms de Oriental Beauty Fancy, Champagne of Tea.

Ces thés ont généralement du corps et présentent une liqueur foncée plus ou moins dense. Les Anglais se rendirent compte que l'ajout de lait et de sucre permettait d'adoucir l'astringence et l'amerturme de ces thés. Le fameux thé au lait à l'anglaise était né ! Les maisons de thé britannique eurent l'idée de créer des assemblages de crus de thés de diverses origines. C'est l'apparition des "mélanges anglais" donnant naissance à des appellations très variées Morning Tea, Brunch tea, Five o' clock Tea. En outre, de célèbres mélanges furent créés en l'honneur de la famille royale Queen Victoria, Royal Morning Tea.

On doit aussi à un lord anglais, Earl Grey la création d'une recette savoureuse mêlant  du thé à de la bergamote. Il rapporta cette idée d'un voyage en Chine au début du XXè siècle. Il la confia à une firme londonienne qui, par reconnaissance, donna son nom au mélange.

C'est aussi la naissance de lieux de consommation dédiées au thé : les salons de thé. L'un des premiers fut la Tom's Coffee House créée par Sir Thomas Twinings dans les années 1700.

Mise en ambiance

Entre sophistication.....

L'afternoon tea, le thé d'après midi, apparut au XIXè siècle grâce à la duchesse Anna de Belford (1783-1857). Trouvant le temps long entre le déjeuner et le dîner, elle prit l'habitude, vers 16 heures de se faire servir dans son boudoir un thé accompagné de sandwichs, scônes, crumpets, et qui se transformait en véritable repas.

C'est un thé à boire seul ou à plusieurs de préférence servi sur une table haute. Vous pouvez aussi disposer tel un buffet tout le nécessaire sur la tale et inviter vos convives à déguster confortablement installés dans des fauteuils. Le thé à l'anglaise est synonyme de raffinement mais ne doit pas paraître luxueux. Pour le linge de table privilégiez le blanc pour le thé très huppé, les motifs colorés et fleuris pour le thé plus décontracté. Restez  dans des tons doux pastel rose, bleu, vert. N'hésitez pas à parer votre table d'une belle nappe brodée.

Utilisez une porcelaine fine. Chaque convive se verra proposer une petite serviette avec une tasse et sous tasse, et une petite assiette à dessert ainsi que des couverts en métal argenté.

Utilisez une théière en  porcelaine plutôt qu'en métal argenté., car votre thé restera chaud plus longtemps. Vous pouvez aussi recouvrir la théière d'un tea cosy, capuchon en molleton, vous en trouverez facilement dans les magasin commercialisant des produits anglais.

Présentez le thé dans un tea caddy, boîte à thé qui peut être en métal argenté, en porcelaine ou en faïence. Le terme caddy provient du mot catty, unité de mesure utilisée en Orient pour peser 600 g de thé même si  les tea caddies ont plutôt une contenance de  200 g. N'oubliez pas le petit pot à lait du sucre en morceaux raffiné ou non raffiné et une petite coupelle garnie de rondelles de citron. Sachez que celui-ci est vraiment déconseillé sur des grands crus, en particulier les Darjeeling....howtotea.jpg

Et le dernier accessoire central : le plateau à trois étages où seront disposées toutes les mignardises salées et sucrées.

....et boisson du quotidien

Quand au high tea, le thé consistant, il naît dans es milieux ouvriers au cours des années 1830. L'apparition de l'éclairage au gaz rallongeant les journées de travail, s'instaure alors le high tea qui a lieu en fin d'après midi après le travail. Progressivement, il se substitue au dîner. High vient du fait qu'il était consommé au cours des repas sur une table haute. Ce thé était bu de manière simple et  rustique en accompagnement des galettes de pommes de terre, de viande ou de haddock poché dans du lait et de pudding. On le servait en général dans un mug. On pense que ce dernier a pour origine le contenant dans lequel on buvait autrefois au petit déjeuner une boisson chaude à base d bière et de lait caillé appelé posset. Cette sorte de chopine donna sa forme aux mugs actuels. Ce thé est aussi appelé builder's tea, car il avait la réputation d'être une des boissons favorites des travailleurs du bâtiment lors de leur pause.large_36696.jpg

C'est un thé bu en toute simplicité à la maison au cours d'un repas ou au travail accompagné d'un petit en cas. Il est généralement servi avec du lait et du sucre.

 

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HUITIEME ESCALE LE MALI

Le thé {...}comporte trois phase de dégustation chacune précédée d'une très longue préparation. Pour la première, la dose de thé est très forte avec peu de sucre. L'infusion est servie fumante et très amère, difficile à avaler, supportable seulement par les habitués ; on l'appelle le thé de la mort. 

Lors de la deuxième phase, plus sucrée, la dose de thé est plus légère et on y ajoute de la menthe, ce qui donne une infusion très agréable à siroter. 

Aussi suave qu'une salive de premier baiser, le palais en est amoureux, c'est le thé de l'amour. Mais, hélas ! ce plaisir est éphémère et suivi d'une sorte de réminiscence : le troisième et dernier service, une eau jaunâtre, très sucrée, qi ne porte plus en elle que le souvenir du thé ; c'est le thé de l'amitié.

Extrait du Ventre de l'Atlantique de Fatou Diome, ed. Anne Carrière 2003

Le Mali nouveau consommateur subsaharien de thé vert

Au Mali, comme au Sénégal, si vous demandez aux jeunes générations depuis quand  on boit du thé, ils vous répondront :"depuis toujours". Pourtant sa consommation est bien plus récente qu'ils ne le laissent entendre.... Il est arrivé depuis le Maroc, colporté par les" hommes bleus" du désert saharien, les Touaregs. René Caillié, qui séjourna dans le nord du Mali durant les années 1830, raconte (Voyage à Tombouctou) qu'un jour invité à la table d'un chérif à déjeuner, on lui servit du thé sucré dans de petites tasses en porcelaine après le repas.DSCN2138.JPG

La consommation du thé reste cantonnée dans le Nord en bordure du Sahara pendant plus d'un siècle avant d'entamer sa descente jusqu'au sud du pays, notamment à Bamako, la capitale où elle ne se popularise que dans les années 1970. Aujourd'hui, tout le monde en boit. On l'appelle té en bambara ou àtayi en tamasheq, langue des Touaregs.

Il est consommé très sucré agrémenté de menthe poivrée quand on en trouve, sinon juste cuit avec du sucre. Le thé est vendu, comme au Maroc dans des boîtes en carton cubiques de 1kg, 250g ou 125g mais vous pouvez aussi trouver des portions de 25g en mini boîte  ou même des petits sachets plastique d'une dizaine de grammes contenant la dose pour une théière. Il en est de même pour le sucre qui est vendu au kilo ou en mini-dose de 2 cuillerées à soupe dans un petit sachet plastique fermé avec un noeud.

Thé et sucre s'achètent aussi bien dotées d'un congélateur contenant quelques bouquets en réserve peuvent aussi vendre de brins pour une séance de thé. A défaut de menthe, ceux qui apprécient particulièrement ce goût mentholé pourront toujours acheter des bonbons à la menthe, les plus prisés étant les bonbons Sogho sogho que l'on prend aussi quand on est enrhumé.

Le thé est devenu la "drogue nationale" disent les Maliens, gros consommateurs de thé avec un peu moins de  1 kilo par an et par habitant. Effectivement quand on bois plus de dix verres par jour ce qui est le cas des fervents amateurs de thé, on peut parler d'accoutumance. Car ce thé préparé cuit en décoction toute la théine est donc extraite est plus fort qu'un café.

Mise en ambiance

A déguster comme au grin dans une ambiance estivale et festive ! Le grin est une résunion quotidienne de jeunes ou vieux dans la rue, sur le pas de la porte. On sort des chaises et  s'installe pour boire le thé et discuter, souvent le soir après le repas ou le week end. On peut aussi y grignoter toutes sortes de friandises sucrées ou salées, cuisinées et vendues dans la rue. Devenu une véritable institution à Bamako, le grin donne vraiment un côté convivial à cette capitale comme un grand village. Il y a les grins des filles ceux des garçons des jeunes, des vieux, c'est l'occasion de parler de tout et de rien. On n'hésite par à sortir la télé lorsqu'il y a un match de foot important ou à écouter la radio.

Les accompagnements

Vous pouvez l'accompagner de petites friandises à grignoter telles que  des beignets, du nougat au sésame, des bonbons à la confiture de lait, des cacahuètes ou des fruits frais (mangue, papaye, banane).

 

Prochaine escale le Brésil

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23/09/2016

Troisième ESCALE le JAPON

Fais un délicieux bol de thé

Dispose le charbon de bois de façon à chauffer l'eau

Arrange les fleurs comme elles sont dans les champs

En été, évoque la fraîcheur, en hiver, la chaleur

Devance en chaque chose le temps

Prépare-toi à la pluie

Aie pour les invités tous les égards possibles

Sen no Rikyû (XVIè siècle)

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Le Japon, l'archipel des thés verts : du thé fouetté au thé infusé

Datant du XVè siècle (époque féodale japonaise) le cha dô (ou voie du thé) que l'on appelle plus communément cha no yu (signifiant littéralement "eau chaude du thé" fut codifié par Sen no Rikyû, maître de thé et premier conseiller de l'empereur, qui l'érige en véritable cérémonial. Un cérémonial qui malgré son apparente simplicité est extrêmement sophistiqué. Il le construit dans l'esprit de la philosophie wabi "la beauté glacée et flétrie" qui attribue beauté et valeur à ce qui est imparfait, incomplet, irrégulier et proche de la nature. Le thé dégusté est alors dut hé en poudre, ou maccha, bu émulsionné dans de l'eau chaude à même le bol.

Un autre cérémonial se développe au  XVIIè siècle à l'époque d'Edo (1603-1868) : celui du thé infusé sencha. Il apparaît dans le milieu des lettrés, qui rapportent cette coutume de Chine, comme le maccha à ses origines Ils sont alors séduits par la couleur translucide de ce thé infusé en feuilles entières, qui diffère vraiment de l'apparence opaque du maccha. Le cérémonial lié à ce thé est aussi plus léger, plus hédoniste que celui du maccha, empreint de la rigueur du bouddhisme zen.

Jusque dans les années 1950, la consommation du thé fouetté ou du thé infusé reste l'apanage des classes aisées.A partir des années 1960, avec la croissance économique leur consommation se démocratise, en particulier celle du thé infusé (sencha, gyokuro, bancha....)ayant une codification dans la préparation et la dégustation beaucoup plus simple que le cha dô. De nos jours, au japon on consomme communément du thé infusé au restaurant ainsi qu'à la maison pendant les repas ou tout au long de la journée. En revanche le maccha reste produit d'initiés préparé et bu dans le cadre de la cérémonie du cha no yu qui se pratique dans une salle de thé ou idéalement dans un pavillon de thé les plus beaux se trouvant dans la ville  historique du cha no yu : Kyôto.

Laissez vous porter par les préceptes originels de Sen no Rikyû et en toute humilité sans avoir été  forcément initié au véritable cha dô qui prend plusieurs années de dur apprentissage, plongez vous  dans l'esprit du thé japonais avec ces quelques conseils à appliquer aussi pour le rituel du thé infusé le sencha dô.13880224_10154348832998965_7066770702105639875_n.jpg

Installez vous par terre sur un tapis ou idéalement sur un  véritable tatami dans une petite salle baignée d'une lumière douce et diffuse. Si vous avez l'occasion de pratiquer ce rituel à la campagne, organisez le dans une cabane isolée pour être plongé dans la nature. Vous pouvez décorer cette petite salle avec une leur de saison qui symbolisera la nature elle doit être simple possible et un kakemono représentant un poème ou une peinture en accord avec ce que vous voulez célébrer. Ces deux décorations le kakemono et l'arrangement floral que l'on appelle chabana (l'art floral du thé) doivent susciter la sérénité elles seront salués par vos invités lorsqu'ils rentreront dans la salle.

Revêtez un joli kimono dans un ton sombre et sobre pour les hommes plus colorés et décoré pour les femmes.
Pour ces rituels ne soyez pas trop nombreux 3 à 5 personnes

Le maître de cérémonie  se tiendra près des accessoires pour la préparation, et les invités seront placés perpendiculairement à lui tous agenouillés sur les talons.
Gardez toujours à l'esprit les quatre vertus que doit éveiller cette dégustation l'harmonie (wa) le respect (kei) la pureté (sei) et la synthèse de ces trois valeurs la sérénité (jaku)

Faites brûler de l'encens japonais près de la bouilloire qui sera facilement accessible dans la pièce. Prenez un encens aux effluves boisés et légers pour ne pas trop envahir l'atmosphère et ne pas dénaturer la saveur du thé. A l'origine l'encens était utilisé dans les salles de thé pour masquer l'odeur du charbon parfois envahissante qui se consumait sous la bouilloire. IL existe une voie de l'encens le ko dô comme la voie du thé le cha dô. Le plus simple est d'utiliser une bouilloire électrique classique ou une bouilloire en fonte japonaise traditionnelle posée sur un brasero à résistance éléctrique.

Faites chauffer l'eau dans la bouilloire

Il est important suivant la saison de choisir des emplacements différents pour la bouilloire le type d'encens et les couleurs des accessoires en été il faudra que la salle semble rafraichissante la bouilloire sera tenue éloignée des invités alors qu'en hiver elle devra paraître chaleureuse la bouilloire sera proche d'eux. Quand à l'encens l'été on fera se consumer un carré de bois pur d'encens du kyara ou du santal à même la braise du brûle parfum à l'odeur simple et purifiante. L'hiver on fera brûler sur un brûle parfum des nerikô petites boules parfumées à la composition riche et complexe à base de santal blanc, de résine de bosweillia et de jinkô suscitant douceur et chaleur.

Enfin on privilégiera des céramiques aux couleurs claires dans les tons verts ou bleu en été, alors que les tons chauds marron rouge ou ocre seront préférés en hiver

 La semaine prochaine 4ème escale la Russie

 

 

 

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10/09/2016

Deuxième Escale : Taiwan

Le Taoïste, prenant une contenance fière,

vante l'exquisité du thé

de sa manche il sort une théière en porcelaine, petite comme une bille

dès que la tasse est bue on la remplit à nouveau

voir un homme boire comme un oiseau est cocasse ..... Cheng Pan Chiao (1693-1765)

 

L'île de Taiwan, entre traditions et modernité : thé bleu-vert auGong Fu Cha Lei Cha

Encore méconnue du public occidental, Taiwan recèle des richesses culturelles et gastronomiques, en particulier son thé.

En effet, elle cultive depuis le XVIIè siecle les fameux thé wu long (ou bleu-vert) si réputés dans toute l'Asie et qui commencent à séduire le palais des Occidentaux par la richesse et la variété de leurs arômes. Leur production ainsi que l'art de consommer cette couleur de thé au gong fu cha furent importés par des habitants de la province chinoise du Fujian. Ils diversifièrent plus particulièrement les méthodes de production de ces thé devenant ainsi maîtres dans l'art de les produire et de les déguster.

L'art du gong fu cha, ou la maîtrise du temps et du geste dans la préparation du thé, nqauit au XVIè siècle en Chine. D'inspiration taoïste, ce mode de préparation est une façon sensuelle et hédoniste de déguster le thé. Il permet de mettre en valeur la complexité aromatique des thés wu long notamment qui sont préparés très concentré et infusées plusieurs fois. Les ustensiles utilisés sont d'un format réduit, le principal étant la petite théière en terre de Yixing ou en porcelaine.tea-set-chinoise.jpg

A Taiwan, dans les années 1980, on assista à un rajeunissement des traditionnelles maisons de thé chinoises appelées chayiguan littéralement "maison de l'art du thé" lieux entre galerie d'art et cave à thé ou l'on vient pour l'apéritif ou le soir après dîner pour déguster de grands crus de thé au gong fu cha accompagnés de quelques fruits secs. A côté de la dégustation au gong fu cha perdure à Taiwan la tradition du lei cha pratiquée par le peuple hakka. Les Hakkas terme qui signifie familles invitées ou visiteuses représentant 15% de la population taiwanaise. Ces Chinois Han venus du nord de la Chine ont migré par vagues successives du sud est de la Chine, en particulier les provinces du Guagdong et du Fujian. Arrivés dans les contrées montagneuses de Taiwan au XVIIè siecle, ils se trouvent surtout dans les districts de Hinschu, Miaoli et Taoyuan dans le Nord et de Kaohsiung et Pingtung dans le sud. Le Lei cha sorte de soupe de thé agrémentée de graines pilées, est assez représentatif de leur cuisine réputée pour être rustique et plutôt riche.

Inventé à Taïwan dans les années 1980 le fameux bubble tea appelé aussi boba qui signifie littéralement thé aux perles est particulièrement consommé sur cette île de métissage et d'innovations.  Sur l'ile est une boisson nationale. Son succès est tel q'un procès eut lieu en 2006 entre deux propriétaires de salons de thé Liu Hanjie du salon Chunshui à Taichung et Tu Zonghe du salon Hanlin à Taïwan revendiquant chacun son invention.

Le gong fu cha est une véritable technique de dégustation mise en oeuvre pour exprimer tous les arômes du thé bleu vert. Celle ci consiste en une succession d'infusions brèves et concentrées sur les mêmes feuilles jusqu'à une dizaine de fois pour de beaux thé wu long les temps d'infusion étant rallongés au fur et à mesure des passages d'eau. On obtient alors une véritable liqueur aux arômes puissants et concentrés à déguster dans de petits bols de la taille de bols à saké.

Trois grandes familles de crus de thé Wu long

Les wu long travaillés en perles, les plus réputés étant ceux de haute montagne dits wu long des cimes (Gao Shan Cha), Ali Shan Cha, Dong Ding) Plus ils sont torréfiés plus on peux les garder longtemps, et plus ils possèdent des notes dites de fond vanillées compotées caramélisées, s'ils ne sont pas ou peu torréfiées ils développpent des notes végétales, fleuries fleurs blanches avec de la fraîcheur.

Le Wen Shan Bao Zhong cultivé près de Taipei, aux grandes feuilles torsadées, avec des arômes de fleurs blanches.

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 Le Bai Hao souvent appelé Beauté Orientale (ou Dong Fang Mei Ren Cha) pour ses plus grands crus réscoltés en juin. Ce cru développe en tasse des arômes très concentrés de fruits exotiques, d'épices et de miel avec de la charpente, du velouté et une légère astringence au final.

 

Prochainement Troisième Escale le Japon

 

 

 

 

 

 

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