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27/10/2016

Quatrième ESCALE la Russie

La nuit tombait, et, sur la table,

Brillait, chuintait le samovar,

Nimbé d'une vapeur agréable,

Gardant au chaud le thé du soir.

Dans les tasses, au motif chinois,

Versé par la douche main d'Olga,

Le thé doré se répandait.

Alexandre Pouchkine (XIXè siècle)

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La Russied'un rituel royal à un rite populaire

La Russie découvre le thé au XVIIè siécle à la suite d'un présent offert au tsar Alexis (1645-1676) par l'empereur de Chine.Le thé est alors acheminé depuis l'empire du Milieu par voie terrestre, empruntant les routes des caravanes. Les stars furent conquis par cette herbe vertueuse venue d'Extrême Orient et en 1689, Pierre e Grand (1672-1725) signe un traité avec la Chine reconnaissant aux Russes le droit de commerce, notamment d'échange de fourrures contre du thé, officialisant ainsi ces longues caravanes commerçantes reliant la Chine, via la Mongolie, à Moscou. Elles étaient constituées de quelque 300 chameaux qui sillonnaient ces vieilles pistes de plus de 15000 kilomètres. Il fallait plus d'un an et demi pour aller de Chine en Russie.

Le thé russe devient rapidement indissociable d'un accessoire central pour le rituel russe : le samovar (du russe samo soi même et var  bouillir). Adopté au XVIIè siècle, cet ustensile, inspiré des bouilloires mongoles utilisées depuis le XIIIè siècle, consiste en une chaudière en cuivre ou en laiton munie de quatre pattes, d'un robinet et d'un foyer àcharbon  de bois conduisant la chaleur. Au sommet de l'appareil là où arrive la cheminée on pose une théière  ronde contenant de l'extrait de thé très concentré. L'été, on place le samovar sur une table de jardin; l'hiver à l'intérieur un long tuyau permet d'évacuer la fumée directement dans la cheminée de la maison. De nos jours le samovar est non seulement utilisé par les Russes mais également par les Polonais, Roumains, Arméniens; Turcs, Iranien, Syriens et l'ensemble des populations d'Asie centrale.

Il existe une véritable vie autour du samovar. C'est un accessoire devenu central dans le quotidien des Russes. A la maison comme lors de fêtes populaires ou dans la rue les jours de marchés, le samovar trône fumant. Il est considéré comme un signe ostentatoire de richesse. En effet seules les couches aisées de la paysannerie ruse pouvaient se permettre l'achat de pièces en métal relativement chères, provenant des usines et des ateliers, et donc de samovars. Même dans les années 1870, alors que la production de samovars déjà vieille de plus d'un siècle était largement développée, dans les campagnes seuls les gens aisés possédaient un samovar. Il existe des modèles uniques magnifiquement travaillés qui sont de véritables pièces de collection actuellement. Comme dans les autres pays consommateurs ce fut une boisson en premier lieu réservée à une élite, qui se popularisa ensuite pour devenir dès le XIXè siècle la boisson quotidienne des Russes de la ville à la campagne, dans les milieux ouvriers et paysans. Elle entre même dans le langage courant : pourboire se dit na tchaï ce qui signifie littéralement 'pour le thé'. Le thé est consommé à la maison, dans la rue, dans des établissements à l'instar des maisons de thé chinoises, les tchaï-naya Il fait même partie du "pack transsibérien"à 24 roubles comprenant le nécessaire pour dormir et un thé. Actuellement, la Fédération de Russie est le premier marché mondial pour les importations de thé.Il existe une production de thé près de Krasnodar et sur les bords de la mer Noire à la frontière géorgienne près de Krasnodar et sur les bords de la mer Noire à la frontière géorgienne près de Sotchi et Adler, fournissant un thé d'altitude réputé. Mais cette production représente moins de 1% de la consommation nationale : en 1999, 161  milliers de tonnes étaient importés pour 1,3 millier de tonnes produit. Le thé est bu par plus de 80% de la population au quotidien ; c'est la boisson la moins onéreuse, avant même le lait. Il a été décrété produit de première nécessité dans le "panier de la ménagère" utilisé pour calculer le niveau minimal de subsistance. Le thé fait ainsi partie de la liste de produits alimentaires pour lesquels le ravitaillement des régions isolées est assuré par les autorités fédérales et gouvernementales.

De nos jours, de nombreuses familles ont conservé le samovar transmis de génération en génération, qui continue à fumer, souvent électrisé sur une table dans la salle à manger toujours prêt pour le service d'un bon thé corsé et charpenté.

Le thé est bu tout au long  de la journée pour se réchauffer; il accompagne aussi le repas principal servi en fin d'après midi. Il suffit de verser dans sa tasse ou son verre du concentré de thé contenu dans la petite théière posée sur le samovar et de le diluer avec l'eau bouillante tirée du samovar. Le thé peut  en effet être servi dans une tasse en porcelaine ou dans un verre imbriqué dans un support métallique à anse pour ne pas se brûler les doigts : c'est le podstakannik. Ce dernier est typiquement russe et il existe de nombreux supports qui ont été travaillés telles des oeuvres d'art en étain, en argent ou même en or ciselés.antik-grand-samovar-imperial-russe-antique-1058210507_ML.jpg

Mise en ambiance

Les maîtres mots sont chaleur et convivialité. C'est donc plus une consommation hivernale, agréable à partager au coin du feu entre amis plus ou moins nombreux, de 2 à 10 personnes pour un goûter ou en famille au cours d'un repas de fin de journée.
En outre le samovar accessoire central de la dégustation les couleurs rouge, noir, le doré ou le bleu si réputés des porcelaines impériale de Saint-Pétersbourg

Les thés utilisés sont des thés noirs bien corsés et charpentés comme du Yunnan, un Qimen ou un Assam. Vous pouvez aussi ajouter une pointe de thé fumé.

Les accompagnements

Une soupe telle que le traditionnel bortsch (soupe à la betterave), les pirozhki (petits beignets fourrés à la viande et aux champignons), la vatrouchka (tarte au fromage blanc et aux raisins), la paskha (gâteau  au fromage blanc avec des zestes d'agrumes et des fruits confits ou le koulitch (cake aux raisins). Ces trois derniers mets sont traditionnellement servis à la Pâque Russe.

 

*Le premier samovar en photo est mon samovar dans le salon de thé AUX DELICES DE NATY à Etretat

 

 

 

 

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Neuvième Escale Le Brésil

Au pays les gauchos s'assoient ensemble autour du feu de camp, en sirotant leur maté après une longue journée de travail. Alors que la fatigue amène le silence, la gourde à maté passe de main en main.

Et puis, lentement, les langues se délient, les gens se rapprochent, les confidences sont échangées. La cérémonie du maté ressemble au rite du calumet de la paix. Là aussi, la pipe circule de main en main, offrant l'hospitalité et la bonne humeur. 

Extrait de EL Maté de Monica G. Ho famille hoss de le Comte (traduction de Lydia Gautier)

Des Amérindiens Guaranis au métissage brésilien

On confond souvent maté et thé alors qu'ils n'appartiennent nullement à la même famille botanique et n'ont pas la même origine. Le maté de son nom latin LLex parguariensis vient des Amériques alors que le thé caméllia sinensis est originaire de Chine. En revanche, thé et maté ont un point commun : la théine.Tous deux font partie des plantes stimulantes.

A l'instar de différents thés dans les autres pays, le maté dont la consommation est également ritualisée, quasi érigée en cérémonie, joue un rôle social prépondérant dans plusieurs pays d'Amérique du sud dont le Brésil sans oublier le  Paraguay, l'Uruguay et bien sûr l'Argentine.

Comme le thé, le maté a ses contes et légendes quant à la naissance de sa consommation.A ce propos, c'est une légende de la tribu guarani ce peuple originaire du sud est du Brésil et du Paraguay fut le premier à boire du maté pour favoriser la bonne humeur et chasser la fatigue qui nous la raconte. La déesse de la Lune, Yasi et celle de la Nuée rose du crépuscule, Ari  décidèrent de descendre des cieux pour visiter les belles et denses forêt que  Tupa, dieu des Guaranis, avait créées sur terre. Alors qu'elles se promenaient, elles furent  attaquées par un  jaguar et sauvées de ses griffes par un vieux chasseur qui le tua. Pour le remercier, elles plantèrent autour de sa maison des arbustes aux belles fleurs blanches et aux feuilles vernissées vert foncé. Elles lui apprirent comment torréfier et boire cette infusion de plante, lui disant que ce serait dorénavant le symbole de l'amitié. En guarani, on dit  caà, mais les Espagnols prirent le nom quechua des Péruviens mati, qui devint maté puis yerba maté, sans  doute plus facile à prononcer. Ce mot doute plus facile  à prononcer. Ce mot désigne en fait la calebasse, c'est-à-dire le récipient dans lequel on prépare et on boit le maté. Au Brésil, il est appelé chimarrào. En Europe, on trouve communément les noms de thé des jésuites, thé du Brésil, thé du Paraguay, bien qu'il ne s'agisse pas de thé.

Les Européens découvrent le maté au XVIè siècle grâce aux conquistadors. La boisson faisant fureur en Espagne, commence alors une ruée vers cet or vert. Les jésuites ayant été missionnés par la couronne d'Espagne pour pacifier la région et développer la culture du maté d'où parmi ses nombreuses appellations les noms de té des los jésuitas té de las Misiones, ceux ci propagèrent sa culture et sa consommation en Argentine et au Brésil jusqu'en 1767. Alors expulsés par cette même couronne d'Espagne suite à la dissolution de leur ordre en Europe, les jésuites quittent la région, emportant avec eux le secret de la reproduction du maté cultivé. Toutes les réduciones gérant la récolte et la transformation de la yerba maté sont désorganisées et en quarante ans toutes les cultures disparaissent. Les jésuites avaient trouvé le secret de la germination pour reproduire les plants de maté : les graines avaient besoin de passer par le système digestif du toucan.

C'est donc du maté sauvage récolté dans les forêts argentines, brésiliennes, paraguayennes et uruguayennes qui est commercialisé.bol-a-mate.jpg

Durant les années 1920, à Santa Ana dans la province de Misionnes en Argentine, le secret de la germination est à nouveau percé. C'est alors le début d'une production intensive comme elle existe toujours actuellement.Aujourd'hui le premier producteur de maté à l'Argentine, suivi par le Brésil puis le Paraguay et l'Uruguay.
Le maté est devenu la boisson emblématique des gauchos, ces gardiens itinérants des troupeaux de la pampa sud-américaine, dresseurs de chevaux. La consommation du maté est ritualisée : un cercle est formé autour du feu pour le déguster. La calebasse, récipient dans lequel se trouve l'infusion de maté, garnie d'une pipe filtrante passe de main en main tournant généralement dans le sens inverse des aiguilles d'une montre afin que le temps défile moins vite. Ce partage est vraiment le symbole de la fraternité et de l'hospitalité qui caractérisent le gauchos.

 

Mise en ambiance

Comme le thé, le maté est ritualisé. C'est avant tout une boisson conviviale du partage, puisque l'on déguste tous dans le même récipient.

C'est en générale une petite  calebasse qui contient la préparation avec une pipe en métal, la bombilla, dotée d'un bout aplati troué pour filtrer le maté, car celui-ci est directement mis dans la calebasse avec ses feuilles et l'eau. bombilla-en-bronze-filtre-poire-.jpg

Une personne est toujours préposée à la préparation du maté, le cébador. Il y a les bons et les mauvais préparateurs. On dit d'ailleurs cebar el maté préparer et non servir le maté. L'art de préparer un bon maté est une question d'honneur. De nombreux messages peuvent être évoqués par le cébador, suivant la manière dont il a préparé le maté. Par exemple, si le maté est amer, il exprime l'indifférence s'il est doux l'amitié : avec du sucre roux la sympathie. L'ajout de cannelle signifie 'tu occupes toutes mes pensées'; de zestes d'orange :" viens me chercher"; de lait "je t'estime". si le maté est bouillant il évoque la haine. Lorsqu'il est moussant il s'agit de l'amour véritable et avec du miel c'est une demande en mariage !.

La dégustation

La dégustation à la manière de la roda pour la capeira cet art martial brésilien quasi dansé, tout le monde est installé en cercle. Le cebador fait passer le maté, chacun prend alors une gorgée, puis le passe à son voisin.

Les accompagnements 

Le Brésil est le pays du métissage par excellence, ce qu'on retrouve aussi dans sa pâtisserie avec des influences portugaises mais également allemandes ou française.

Les accompagnements peuvent donc être très métissés suivant que le maté est bu pur, avec des épices ou des herbes aromatiques.

Le maté se mariant bien avec le sucre de canne, préférez ce type de sucre pour la fabrication de vos pâtisseries. Proposez de crumbles de saison, des tartes aux fruits, des sablés à la confiture  de lait, des flans...etc

 la semaine prochaine dixième escale Les Etats Unis d'Amérique dernière escale.......Naty

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Sixième Escale l'INDE

Voluptueuses, savoureuses, ensorceleuses

épices chaudes mêlées au goût amer et corsé

du thé des plaines d'Assam;

au détour d'une rue, dans une gare, à la maison,

le chaï* est une nécessité de notre quotidien

Anonyme, XXIè siècle

 

L'Inde, de la production à la consommation

La production et la consommation du thé en Inde datent de la seconde moitié du XIX è siècle et furent  développées par l'Empire britannique.

Les premiers jardins de thé furent créés dans les années 1850 au nord-est de l'Inde, sur les contreforts himalayens, dans l'état du Bengale-occidental, aux alentours de la ville de Darjeeling. En effet, ces massifs montagneux présentaient des conditions climatiques idéales pour développer du thé de très bonne qualité. Dès le début de leur production, les thés de Darjeeling furent très haut côtés sur le marché britannique, tous issus de la variété chinoise de théier Camellia sinensis assamica. Beaucoup mieux acclimatée aux plaines pluvieuses d'Assam que la variété chinoise rapportée par le botaniste Robert Fortune elle y fut domestiquée et implantée aussi dans les années 1850.

Actuellement de beaux crus sont produits avec une typicité aromatique qui n'a rien à envier à l'appellation Darjeeling. Ce sont deux appellations très différentes à l'instar d'un médoc et d'un côte de nuits.....

A la fin du XIXè siècle, ce fut la région montagneuse de la pointe sud indienne avec notamment les massifs des Nilgiri et des Annamalais, qui fut massivement  plantée en théiers.

Afin de protèger ses thés les plus qualitatifs, le Tea Board of India a mis en place en 1983 un cahier des charges pour trois grandes régions productrices de thé, et ce pour les identifier en tant qu IGP (indication géographique protègée) :

* la région montagneuse de Darjeeling située entre 800 et 2500 mètres sur les contreforts himalayens ;

* la zone d'Assam en plaine à l'est de Darjeeling;

* le massif montagneux des Nilgiri à la pointe sud de l'Inde se trouvant entre 1000 et 2000 mètres d'altitude.

D'autres régions productrices ne bénéficient pas de cette IGP telles que Dooars et Terai en plaine au sud de Darjeeling, les régions du Cachemire et de l'Himachal Pradesh au nord ouest de l'Inde et de nombreuses plantations sur d'autres massifs montagneux que les Nilgiri dans le sud, notamment dans les Etats du Kerala et du Karnataka.

Au début du XXè siècle, bien qu'elle soit grande productrice de thé l'Inde e consomme peu. Si, dans les classes supérieures, on adopte rapidement la coutume anglaise, l'habitude se répand lentement dans e reste de la population. Aujourd'hui, le thé est devenu la boisson nationale de l'INde, et 65% de sa production (pas la meilleure..) est consommée dans le pays. Implanté par des étrangers uniquement  pour leurs besoins et profits, le thé a fini par devenir un des éléments essentiels de l'économie et de la culture indiennes. On trouve partout de nombreuses petites boutiques où l'on peut acheter un bol de thé, ainsi que des vendeurs ambulants appélés chaï wallah. Il est bu traditionnellement dans la rue, dans les transports, au bureau, servi dans de peits bols en terre duite à usage unique, on les jette ensuite : pas de souci sanitaire ainsi. Le thé consommé est du masala chaï ("thé au mélange d'épices). C'est un thé aux feuilles brisées, bouilli avec du lait ou de l'eau avec du sucre (ou du lait concentré sucré) et un mélange d'épices (cardamome, cannelle, gingembre, poivre, muscade, clou de girofle, badiane...)

Ne serait-ce pas une adaptation indienne du célèbre thé au lait et au sucre anglais avec une touche ayurvedique?

En effet, les épices rajoutées au thé font partie de la médecine ayurvédique, notamment la cardamome verte et la cannelle pour stimuler la digestion ou le poivre et le gingembre qui ensemble sont réputées pour favoriser la sécrétion des sucs gastriques et soigner certains troubles de l'estomac.

Ce traditionnel masala chai a remporté  un tel succès que des chaînes internationales l'ont repris et adapté avec de nombreuses variantes quant au dosage et à la composition du mélanges d'épices. Ce thé est souvent appelé chai latte. Il peut être servi chaud, froid préparé en milk shake ou comme un cappuccino. on le trouve même en poudre instantanée prête à être diluée instantanée prête à être diluée dans de l'eau ou du lait !

Ce thé est généralement servi dans des verres ou des bols en terre cuite. Ce thé est généralement bu dans la journée en dehors des repas ou comme digestif.

 La dégustation 

Avec l'ayurvedique pur de Naty avec un mélange de lait bien chaud laissez infusé 7à 8 minutes ce mélange harmonieux, le tout adouci de lait et du sucre en accompagnement quelques patisseries indiennes telles que les boules moelleuses et sirupeuses de gulab jamun à l'eau de rose ou celles de ladoa ; l'halwa aux dattes ou au gâteau de semoule seront aussi très appréciés......

 

la semaine prochaine escale au Maroc

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Septième escale le Maroc

Chanson du thé

Le plateau, lui c'est le soleil

Les étoiles de la Grande Ours

Ce sont les verres

Et la théière est le Pôle au milieux du Ciel (....)

Le pain de sucre, en robe bleue, qu'on attache

sur les chameaux*(Brahim u-Lusayn u-Addi (xixè siècle)

Pas de plaisir s'il fait défaut. Le sucre neigeux qu'il est beau.

Le thé de Londres à la beauté et la bonté.

Le trépied, c'est le minaret de la mosquée ;

La bouilloire, c'est le moudden (muezzin), c est evident

* A l'époque le sucre était commercialisé sous forme de pain de sucre conique blanc emballé dans du papier bleu. On utilisait un petit marteau ciselé pour le débiter en morceaux grossiers. Actuellement, on utilise des gros morceaux de sucre dits lingots (le tripe de nos morceaux habituels) mais jamais de sucre en poudre.

Le Maroc, d'un rituel royal à un rituel populaireIMGP8564.JPG

Au Maroc et dans les pays subsahariens, même si paradoxalement le thé fait partie de l'imaginaire collectif avec ne idée de tradition immémoriale, son usage est relativement récent. Il date du XVIIIè siècle et se popularise à la fin XIXè via la couronne britannique. Il conquit rapidement les Marocains qui buvaient déjà de nombreuses plantes  en infusions. L'ajout du thé avec ses vertus était donc bienvenu.

Au XVIIè siècle le sultant Moulay Ismaël (1672-1727) connut cette boisson car le thé faisait partie des cadeaux que les différentes délégations britanniques ou hollandaises lui apportaient, et il l'apprécia immédiatement, en particulier pour ses vertus digestives.Il fut ritualisé dès son arrivée au Maroc. L'homme du thé, ou moul atai, en gérait la préparation. Deux plateaux étaient apportés, l'un contenant des verres de cristal et deux théières, l'autre comprenant les boîtes pour le thé, la menthe et d'autres plantes, un pain de sucreIMGP8566.JPG et un marteau pour le casser, ainsi qu'une fiole de fleur d'oranger. L'eau était maintenue au chaud dans une bouilloire sur un brasero. Une servante était alors chargée de préparer le thé, assise en tailleur. Les deux théières pareillement dosées étaient servies simultanément pour remplir les verres de manière à homogénéiser et rééquilibrer les préparations. On versait le thé en levant les théières très haut de façon à l'aérer et le faire mousser. Des plats contenant gâteaux ou fruits secs accompagnant le thé.

Jusqu'à la fin du XIXè siècle, le cérémonial du thé à la menthe resta l'apanage de la bourgeoisie citadine. C'était le maître de maison qui officiait, préparant toujours le thé devant les convives,  suivant le même rituel que celui d sultan. Le service du thé respectait un ordre de préséance suivant l'âge et le rang social, et les invités buvaient en aspirant bruyamment pour signifier que le thé était délicieux. Une fois le premier verre bu., le maître de maison préparait le deuxième puis le troisième. L'invité devait tous les boire sous peine de commettre une grave impolitesse.IMGP8570.JPG

A la fin du XIXè siècle, le thé passe d'une boisson d'élite à une boisson populaire. L'Angleterre, détenant alors le monopole du négoce de thé pour l'Europe et les Etats Unis en quête de nouveaux débouchés suite  à la guerre de Crimée, inonde le marché marocain avec du thé vert chinois. Sa diffusion à travers toutes les couches sociales de la population marocaine s'est effectuée lentement depuis des milieux aisés citadins jusqu'aux populations rurales. 

Suivant les saisons et les régions d'autres plantes aromatiques sont incorporées au thé. En hiver, on ajoute souvent de l'absinthe, en automne et au printemps de la verveine et de la sauge et du basilic en été. Dans le Moyen Atlas, on consomme le thé avec du romarin et du thym sauvage. Il est aussi courant de l'aromatiser de quelques gouttes d'eau de fleur d'oranger ou de frotter le sucre avec de l'écorce de cédrat. Lorsqu'on a les moyens, on peut même ajouter de l'ambre gris ou noir, récolté sur les côtes au sud du pays que l'on coince dans le couvercle de la théière.

Au Maroc le maître mot est hospitalité, le thé symbolisant cette valeur centrale dans la culture marocaine.

Aussi dès qu'on arrive chez quelqu'un ou chez un commerçant un thé est aussitôt offert en signe de bienvenue. 

C'est donc un thé à partager entre amis plus ou moins nombreux (2 à 10 personnes)IMGP8565.JPG

Préparez le de préférence sur une table basse et proposez le après un bon repas comme un digestif, vos invités étant confortablement installés dan de fauteuils ou canapé. Mais il peut aussi  être dégusté à l'heure du thé. C'est une boisson de tous les instants, propice aux discussions et aux affaires aussi !

Les accompagnements

Les nombreuses pâtisseries marocaines dont les cornes de gazelle, les sablés aux amandes et à la cannelle, les makrout (gâteau de semoule farcis aux dattes) ou les crêpes au miel et aux graines de sésame, ainsi que tous les fruits secs.

 

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Cinquième escale le Royaune-Uni

There are few hours in life

more agreeable

than the hour dédicated

to the ceremony

know as afternoon tea

Henry James (1843-1916)

 

Du négoce à la production de thé

Les premières caisses de thé en provenance de Chine furent apportées par des navires hollandais et débarquèrent dans le port de Londres en 1645.

Dès le XVIIè siècle, les anglais concentrent le négoce du thé pour l'Europe et les colonies américaines et, grâce à la création  par la reine Elisabeth 1er de l'East India Company, ils vont détenir le quasi monopole de ce commerce pendant plus de deux siècles. Dans les années 1850 ils percent le mystère de la fabrication du thé en envoyant le botaniste Robert Fortune espionner les plantations chinoises : ils se mettent à en produire dans leurs colonies indienne, ceylanaise et Kenyane....

C'est ainsi que naquirent les célèbres appellations indiennes Darjeeling, Assam et Nilgiri à partir des années 1850 pour les plus anciennes.

Au Kenya, les Anglais introduisirent les plantations de thé au début du XXè siècle. Les grandes firmes anglaises y sont restées solidement implantées puisqu'elles contrôle toujours plus de 4000 hectares à l'est du lac Victoria. 

La théiculture se développa dans d'autres anciennes colonies telles que le Malawi, l'Ouganda, la Tanzanie et le Zimbabwe.

A cette époque et pendant plus de cent ans, seul du thé oxydé est produit.

La consommation de thé chinois passe alors au second plan en Europe.

Cantonnée aux cours jusqu'au XVIIè siècle, cette boisson conquiert en moins de cent ans toutes les strates de la population.

On doit la démocratisation de sa consommation en Angleterre notamment à Sir Thomas Lipton.

Dans les années 1870, Ceylan alors réputée pour sa production caféière, voit ses caféiers détruis par un parasite, Hemileia vastatrix. A tel point qu'en 1890, il n'y a plus aucun caféier sur  l'île. Certains planteurs prévoyants les avaient remplacés par des théiers. L'ile fut totalement conquise par ce nouveau venu qui s'adaptait parfaitement aux conditions climatiques des hauts plateaux sri-lankais. C'est alors que Sir Thomas Lipton, épicier d'origine irlandaise, millionnaire depuis déjà quelques années, rachète à bas prix d'anciennes plantations de café et se lance dans la production de thé dans les Uva Lands. Il applique une politique commerciale à l'américaine pour lancer celle nouvelle boisson. En devenant producteur direct, il contribue à populariser cette boisson. En devenant producteur direct, il contribue à populariser cette boisson exotique jusque là inaccessible pour la classe moyenne. Son label devient célèbre :"Direct from the tea garden to the tea pot"(direct du jardin de thé à la théière) Il réussit ainsi à faire du thé sri lankais "l'or vert" de l'île et à lui donner une notoriété mondiale.downton-abbey-lady-violet-crawley-having-tea-dr.jpg

Les Anglais développent dès la fin du XVIIè siècle un véritable rituel autour du thé, l'afternoon tea, qui se substitue au repas du soir. Ce sont les premiers, en, Occident, à avoir eu l'idée d'associer des crus de thé en mangeant.

Leur goût va pour les thés oxydés qu'ils ont appelés noirs (nommés rouges par les Chinois) et pour les wu long fortement semi-oxydés auxquels ils ont donné les noms de Oriental Beauty Fancy, Champagne of Tea.

Ces thés ont généralement du corps et présentent une liqueur foncée plus ou moins dense. Les Anglais se rendirent compte que l'ajout de lait et de sucre permettait d'adoucir l'astringence et l'amerturme de ces thés. Le fameux thé au lait à l'anglaise était né ! Les maisons de thé britannique eurent l'idée de créer des assemblages de crus de thés de diverses origines. C'est l'apparition des "mélanges anglais" donnant naissance à des appellations très variées Morning Tea, Brunch tea, Five o' clock Tea. En outre, de célèbres mélanges furent créés en l'honneur de la famille royale Queen Victoria, Royal Morning Tea.

On doit aussi à un lord anglais, Earl Grey la création d'une recette savoureuse mêlant  du thé à de la bergamote. Il rapporta cette idée d'un voyage en Chine au début du XXè siècle. Il la confia à une firme londonienne qui, par reconnaissance, donna son nom au mélange.

C'est aussi la naissance de lieux de consommation dédiées au thé : les salons de thé. L'un des premiers fut la Tom's Coffee House créée par Sir Thomas Twinings dans les années 1700.

Mise en ambiance

Entre sophistication.....

L'afternoon tea, le thé d'après midi, apparut au XIXè siècle grâce à la duchesse Anna de Belford (1783-1857). Trouvant le temps long entre le déjeuner et le dîner, elle prit l'habitude, vers 16 heures de se faire servir dans son boudoir un thé accompagné de sandwichs, scônes, crumpets, et qui se transformait en véritable repas.

C'est un thé à boire seul ou à plusieurs de préférence servi sur une table haute. Vous pouvez aussi disposer tel un buffet tout le nécessaire sur la tale et inviter vos convives à déguster confortablement installés dans des fauteuils. Le thé à l'anglaise est synonyme de raffinement mais ne doit pas paraître luxueux. Pour le linge de table privilégiez le blanc pour le thé très huppé, les motifs colorés et fleuris pour le thé plus décontracté. Restez  dans des tons doux pastel rose, bleu, vert. N'hésitez pas à parer votre table d'une belle nappe brodée.

Utilisez une porcelaine fine. Chaque convive se verra proposer une petite serviette avec une tasse et sous tasse, et une petite assiette à dessert ainsi que des couverts en métal argenté.

Utilisez une théière en  porcelaine plutôt qu'en métal argenté., car votre thé restera chaud plus longtemps. Vous pouvez aussi recouvrir la théière d'un tea cosy, capuchon en molleton, vous en trouverez facilement dans les magasin commercialisant des produits anglais.

Présentez le thé dans un tea caddy, boîte à thé qui peut être en métal argenté, en porcelaine ou en faïence. Le terme caddy provient du mot catty, unité de mesure utilisée en Orient pour peser 600 g de thé même si  les tea caddies ont plutôt une contenance de  200 g. N'oubliez pas le petit pot à lait du sucre en morceaux raffiné ou non raffiné et une petite coupelle garnie de rondelles de citron. Sachez que celui-ci est vraiment déconseillé sur des grands crus, en particulier les Darjeeling....howtotea.jpg

Et le dernier accessoire central : le plateau à trois étages où seront disposées toutes les mignardises salées et sucrées.

....et boisson du quotidien

Quand au high tea, le thé consistant, il naît dans es milieux ouvriers au cours des années 1830. L'apparition de l'éclairage au gaz rallongeant les journées de travail, s'instaure alors le high tea qui a lieu en fin d'après midi après le travail. Progressivement, il se substitue au dîner. High vient du fait qu'il était consommé au cours des repas sur une table haute. Ce thé était bu de manière simple et  rustique en accompagnement des galettes de pommes de terre, de viande ou de haddock poché dans du lait et de pudding. On le servait en général dans un mug. On pense que ce dernier a pour origine le contenant dans lequel on buvait autrefois au petit déjeuner une boisson chaude à base d bière et de lait caillé appelé posset. Cette sorte de chopine donna sa forme aux mugs actuels. Ce thé est aussi appelé builder's tea, car il avait la réputation d'être une des boissons favorites des travailleurs du bâtiment lors de leur pause.large_36696.jpg

C'est un thé bu en toute simplicité à la maison au cours d'un repas ou au travail accompagné d'un petit en cas. Il est généralement servi avec du lait et du sucre.

 

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