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27/10/2016

Septième escale le Maroc

Chanson du thé

Le plateau, lui c'est le soleil

Les étoiles de la Grande Ours

Ce sont les verres

Et la théière est le Pôle au milieux du Ciel (....)

Le pain de sucre, en robe bleue, qu'on attache

sur les chameaux*(Brahim u-Lusayn u-Addi (xixè siècle)

Pas de plaisir s'il fait défaut. Le sucre neigeux qu'il est beau.

Le thé de Londres à la beauté et la bonté.

Le trépied, c'est le minaret de la mosquée ;

La bouilloire, c'est le moudden (muezzin), c est evident

* A l'époque le sucre était commercialisé sous forme de pain de sucre conique blanc emballé dans du papier bleu. On utilisait un petit marteau ciselé pour le débiter en morceaux grossiers. Actuellement, on utilise des gros morceaux de sucre dits lingots (le tripe de nos morceaux habituels) mais jamais de sucre en poudre.

Le Maroc, d'un rituel royal à un rituel populaireIMGP8564.JPG

Au Maroc et dans les pays subsahariens, même si paradoxalement le thé fait partie de l'imaginaire collectif avec ne idée de tradition immémoriale, son usage est relativement récent. Il date du XVIIIè siècle et se popularise à la fin XIXè via la couronne britannique. Il conquit rapidement les Marocains qui buvaient déjà de nombreuses plantes  en infusions. L'ajout du thé avec ses vertus était donc bienvenu.

Au XVIIè siècle le sultant Moulay Ismaël (1672-1727) connut cette boisson car le thé faisait partie des cadeaux que les différentes délégations britanniques ou hollandaises lui apportaient, et il l'apprécia immédiatement, en particulier pour ses vertus digestives.Il fut ritualisé dès son arrivée au Maroc. L'homme du thé, ou moul atai, en gérait la préparation. Deux plateaux étaient apportés, l'un contenant des verres de cristal et deux théières, l'autre comprenant les boîtes pour le thé, la menthe et d'autres plantes, un pain de sucreIMGP8566.JPG et un marteau pour le casser, ainsi qu'une fiole de fleur d'oranger. L'eau était maintenue au chaud dans une bouilloire sur un brasero. Une servante était alors chargée de préparer le thé, assise en tailleur. Les deux théières pareillement dosées étaient servies simultanément pour remplir les verres de manière à homogénéiser et rééquilibrer les préparations. On versait le thé en levant les théières très haut de façon à l'aérer et le faire mousser. Des plats contenant gâteaux ou fruits secs accompagnant le thé.

Jusqu'à la fin du XIXè siècle, le cérémonial du thé à la menthe resta l'apanage de la bourgeoisie citadine. C'était le maître de maison qui officiait, préparant toujours le thé devant les convives,  suivant le même rituel que celui d sultan. Le service du thé respectait un ordre de préséance suivant l'âge et le rang social, et les invités buvaient en aspirant bruyamment pour signifier que le thé était délicieux. Une fois le premier verre bu., le maître de maison préparait le deuxième puis le troisième. L'invité devait tous les boire sous peine de commettre une grave impolitesse.IMGP8570.JPG

A la fin du XIXè siècle, le thé passe d'une boisson d'élite à une boisson populaire. L'Angleterre, détenant alors le monopole du négoce de thé pour l'Europe et les Etats Unis en quête de nouveaux débouchés suite  à la guerre de Crimée, inonde le marché marocain avec du thé vert chinois. Sa diffusion à travers toutes les couches sociales de la population marocaine s'est effectuée lentement depuis des milieux aisés citadins jusqu'aux populations rurales. 

Suivant les saisons et les régions d'autres plantes aromatiques sont incorporées au thé. En hiver, on ajoute souvent de l'absinthe, en automne et au printemps de la verveine et de la sauge et du basilic en été. Dans le Moyen Atlas, on consomme le thé avec du romarin et du thym sauvage. Il est aussi courant de l'aromatiser de quelques gouttes d'eau de fleur d'oranger ou de frotter le sucre avec de l'écorce de cédrat. Lorsqu'on a les moyens, on peut même ajouter de l'ambre gris ou noir, récolté sur les côtes au sud du pays que l'on coince dans le couvercle de la théière.

Au Maroc le maître mot est hospitalité, le thé symbolisant cette valeur centrale dans la culture marocaine.

Aussi dès qu'on arrive chez quelqu'un ou chez un commerçant un thé est aussitôt offert en signe de bienvenue. 

C'est donc un thé à partager entre amis plus ou moins nombreux (2 à 10 personnes)IMGP8565.JPG

Préparez le de préférence sur une table basse et proposez le après un bon repas comme un digestif, vos invités étant confortablement installés dan de fauteuils ou canapé. Mais il peut aussi  être dégusté à l'heure du thé. C'est une boisson de tous les instants, propice aux discussions et aux affaires aussi !

Les accompagnements

Les nombreuses pâtisseries marocaines dont les cornes de gazelle, les sablés aux amandes et à la cannelle, les makrout (gâteau de semoule farcis aux dattes) ou les crêpes au miel et aux graines de sésame, ainsi que tous les fruits secs.

 

14:47 Écrit par NATY | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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