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23/09/2016

Troisième ESCALE le JAPON

Fais un délicieux bol de thé

Dispose le charbon de bois de façon à chauffer l'eau

Arrange les fleurs comme elles sont dans les champs

En été, évoque la fraîcheur, en hiver, la chaleur

Devance en chaque chose le temps

Prépare-toi à la pluie

Aie pour les invités tous les égards possibles

Sen no Rikyû (XVIè siècle)

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Le Japon, l'archipel des thés verts : du thé fouetté au thé infusé

Datant du XVè siècle (époque féodale japonaise) le cha dô (ou voie du thé) que l'on appelle plus communément cha no yu (signifiant littéralement "eau chaude du thé" fut codifié par Sen no Rikyû, maître de thé et premier conseiller de l'empereur, qui l'érige en véritable cérémonial. Un cérémonial qui malgré son apparente simplicité est extrêmement sophistiqué. Il le construit dans l'esprit de la philosophie wabi "la beauté glacée et flétrie" qui attribue beauté et valeur à ce qui est imparfait, incomplet, irrégulier et proche de la nature. Le thé dégusté est alors dut hé en poudre, ou maccha, bu émulsionné dans de l'eau chaude à même le bol.

Un autre cérémonial se développe au  XVIIè siècle à l'époque d'Edo (1603-1868) : celui du thé infusé sencha. Il apparaît dans le milieu des lettrés, qui rapportent cette coutume de Chine, comme le maccha à ses origines Ils sont alors séduits par la couleur translucide de ce thé infusé en feuilles entières, qui diffère vraiment de l'apparence opaque du maccha. Le cérémonial lié à ce thé est aussi plus léger, plus hédoniste que celui du maccha, empreint de la rigueur du bouddhisme zen.

Jusque dans les années 1950, la consommation du thé fouetté ou du thé infusé reste l'apanage des classes aisées.A partir des années 1960, avec la croissance économique leur consommation se démocratise, en particulier celle du thé infusé (sencha, gyokuro, bancha....)ayant une codification dans la préparation et la dégustation beaucoup plus simple que le cha dô. De nos jours, au japon on consomme communément du thé infusé au restaurant ainsi qu'à la maison pendant les repas ou tout au long de la journée. En revanche le maccha reste produit d'initiés préparé et bu dans le cadre de la cérémonie du cha no yu qui se pratique dans une salle de thé ou idéalement dans un pavillon de thé les plus beaux se trouvant dans la ville  historique du cha no yu : Kyôto.

Laissez vous porter par les préceptes originels de Sen no Rikyû et en toute humilité sans avoir été  forcément initié au véritable cha dô qui prend plusieurs années de dur apprentissage, plongez vous  dans l'esprit du thé japonais avec ces quelques conseils à appliquer aussi pour le rituel du thé infusé le sencha dô.13880224_10154348832998965_7066770702105639875_n.jpg

Installez vous par terre sur un tapis ou idéalement sur un  véritable tatami dans une petite salle baignée d'une lumière douce et diffuse. Si vous avez l'occasion de pratiquer ce rituel à la campagne, organisez le dans une cabane isolée pour être plongé dans la nature. Vous pouvez décorer cette petite salle avec une leur de saison qui symbolisera la nature elle doit être simple possible et un kakemono représentant un poème ou une peinture en accord avec ce que vous voulez célébrer. Ces deux décorations le kakemono et l'arrangement floral que l'on appelle chabana (l'art floral du thé) doivent susciter la sérénité elles seront salués par vos invités lorsqu'ils rentreront dans la salle.

Revêtez un joli kimono dans un ton sombre et sobre pour les hommes plus colorés et décoré pour les femmes.
Pour ces rituels ne soyez pas trop nombreux 3 à 5 personnes

Le maître de cérémonie  se tiendra près des accessoires pour la préparation, et les invités seront placés perpendiculairement à lui tous agenouillés sur les talons.
Gardez toujours à l'esprit les quatre vertus que doit éveiller cette dégustation l'harmonie (wa) le respect (kei) la pureté (sei) et la synthèse de ces trois valeurs la sérénité (jaku)

Faites brûler de l'encens japonais près de la bouilloire qui sera facilement accessible dans la pièce. Prenez un encens aux effluves boisés et légers pour ne pas trop envahir l'atmosphère et ne pas dénaturer la saveur du thé. A l'origine l'encens était utilisé dans les salles de thé pour masquer l'odeur du charbon parfois envahissante qui se consumait sous la bouilloire. IL existe une voie de l'encens le ko dô comme la voie du thé le cha dô. Le plus simple est d'utiliser une bouilloire électrique classique ou une bouilloire en fonte japonaise traditionnelle posée sur un brasero à résistance éléctrique.

Faites chauffer l'eau dans la bouilloire

Il est important suivant la saison de choisir des emplacements différents pour la bouilloire le type d'encens et les couleurs des accessoires en été il faudra que la salle semble rafraichissante la bouilloire sera tenue éloignée des invités alors qu'en hiver elle devra paraître chaleureuse la bouilloire sera proche d'eux. Quand à l'encens l'été on fera se consumer un carré de bois pur d'encens du kyara ou du santal à même la braise du brûle parfum à l'odeur simple et purifiante. L'hiver on fera brûler sur un brûle parfum des nerikô petites boules parfumées à la composition riche et complexe à base de santal blanc, de résine de bosweillia et de jinkô suscitant douceur et chaleur.

Enfin on privilégiera des céramiques aux couleurs claires dans les tons verts ou bleu en été, alors que les tons chauds marron rouge ou ocre seront préférés en hiver

 La semaine prochaine 4ème escale la Russie

 

 

 

12:55 Écrit par NATY | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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