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14/07/2009

« JE NE PUIS DEMEURER LOIN DE TOI PLUS LONGTEMPS...

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Un article dans le Point : (Jacques Pierre Amette) Publié le 25/02/2010 N°1954 Le Point

 

Quand Hugo se brise

L'oeuvre de l'écrivain s'éclaire d'un portrait de Léopoldine, sa fille chérie, morte noyée.

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Le samedi 9 septembre 1843, Victor Hugo revient d'un voyage en Espagne avec sa Juliette Drouet. Il doit attendre une diligence à Rochefort et s'installe avec sa maîtresse dans la salle déserte du Café de l'Europe. Sur une table sont éparpillés quelques journaux. Il en prend un au hasard, Le Siècle. A la rubrique « nouvelles diverses », son regard est attiré par une information vieille de quatre jours et reprise duJournal du Havre. L'écrivain s'exclame alors : « Voilà qui est horrible ! » Il vient d'apprendre que sa fille Léopoldine, sa préférée, s'est noyée. L'article informe qu'un canot a chaviré sur la Seine entre Villequier et Caudebec-en-Caux par le travers d'un banc de sable appelé le dos-d'âne.

On a tous appris ces vers des « Contemplations » : « Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne / je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends », écrits environ un an après le drame. Notre collaboratrice Florence Colombani s'est attachée à dresser le portrait de Léopoldine, celle que son père appelait « Didine ». Dès l'âge de 14 ans, elle lit les oeuvres de son père devant Vigny, Balzac, Gautier, Lamartine. Des rêves prémonitoires sinistres envahissent Hugo, comme si « la chère tête sacrée » de Léopoldine était déjà dans le curieux rayonnement de la mort. Florence Colombani porte une grande attention aux traces du deuil et à la courbe de l'oeuvre hugolienne rédigée après le drame de 1843. Notamment dans « Les misérables », roman fondé sur le chagrin. Apparaît un Hugo au bord de l'infini, qui tourne et suit un étrange chemin de ronde de remords et de questions profondes sur l'au-delà. La mort de Léopoldine nous vaut des proses ou des vers cendreux qui interrogent Dieu. Visiblement très à l'aise dans cette période romantique, Florence Colombani a rédigé ces pages avec une sobriété analytique qui n'exclut pas un visible cheminement souterrain personnel pour deviner ce qui lie un père et sa fille.

« Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps... Léopoldine Hugo et son père », de Florence Colombani (Grasset, 230 p., 16,50 €).
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17:31 Écrit par NATY dans LIVRE | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook

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